
Ce magnifique opéra en quatre tableaux se déroule en 1930 dans le Paris des artistes a été très applaudi hier soir.
Il faut entendre par bohème, amour, jeunesse, liberté, art, peintre ou poète, sans crainte du lendemain et pauvreté. Debussy disait qu’il ne connaissait personne « qui ait décrit le Paris de cette époque aussi bien que Puccini dans La Bohème ». Et la mise en scène de Jonathan Miller l’illustre magistralement. On retrouve les chanteurs dans tous les lieux éternels qui caractérisent l’acte créateur. Les décors de Dante Ferretti sont superbes. Il y a l’atelier mansardé du poète et du peintre, avec un immense poêle sans bois à brûler, dans le premier acte magnifiquement éclairé à la bougie ; et dans le dernier, à la lumière du jour qui surgit de la grande fenêtre latérale, signe de vie et d’espoir.
On entre au second acte dans une brasserie superbe, emplie d’une foule, avec une ribambelle de joyeux chenapans grondés par leur nourrice, qui essaient de chaparder des bonbons à un vendeur ambulant à vélo. Tout est très pittoresque et l’allégresse du Paris populaire est bien rendue. La brasserie est aussitôt animée par l’entrée superbe de Natalie Dessay en grisette légère et provocante. C’est bien le stéréotype que l’on imagine, jolie à croquer, accompagnée de son barbon, pétillante et séductrice, mais bonne fille, prête à tout pour retrouver son peintre Marcel qu’elle avait abandonné pour plus de confort.
La double-porte vitrée en fond de scène permet de nombreux jeux de scène, entre autre la remarquable et désirée sortie du « Vieux » de Musetta, puis de la joyeuse compagnie sur les airs de la fanfare qu’on aperçoit à travers les vitres.
Au troisième acte, ce sont les pavés de Paris, recouverts de neige sur lesquels erre Mimi, à la recherche de Rodolfo. La neige, le froid, une dame de petite vertue qui embrasse tour à tour les deux gardiens de l’ordre, le café à l’aurore que Marcel repeint. La dispute éclatante de Marcel et de Musetta, la tendre séparation de Rodolfo et de Mimi.
Puccini s’est certainement souvenu de la Mimi Pinson de Maupassant. Celle de Puccini est moins grisette que « petite fille aux allumettes » grandie. C’est un brodeuse de roses. L’interprète Inva Mula en a toute la douceur et la force. Elle bouleverse. Puccini cherchait avant tout à émouvoir. C’est une âme fragile qui découvre les affres de l’amour et se laisse emporter avec douceur. C’est assez larmoyant et très réaliste mais c’est une réalité idéalisée, sublimée par la musique magnifique et le bel canto. L’interprétation du ténor Massimo Giordano est déchirante. Il est la vie et l’amour, la force et la jeunesse, la création et le désespoir.
Marie Torrès
L’action se déroule à Paris en 1830 et 1831.
Rodolfo, Marcello, Schaunard et Colline vivent en colocation dans une mansarde insalubre. Rodolfo est poète tandis que Marcello entretient une liaison adultère avec la belle et riche Musetta. Ils doivent payer le loyer mais ils n’ont plus un sou.
Leur quotidien est bouleversé un soir par l’arrivée de leur jeune et jolie voisine surnommée Mimì. Mimì se retrouve ainsi en tête à tête avec Rodolfo. Ils tombent amoureux, font connaissance (notamment avec les airs : Che gelida manina et Sì. Mi chiamano Mimì) et finissent par se rendre ensemble à la soirée où Rodolfo est attendu.
On apprend ensuite que Mimì est très malade, et que Rodolfo, par peur de devoir la perdre, se dispute régulièrement avec elle. Il chante son désespoir à Marcello sans savoir que Mimì l’écoute. Elle décide de ne plus le revoir et entame une nouvelle vie en se plaçant sous la protection d’un riche amant.
Mimì est de retour dans la mansarde avec Musetta. Elle est au plus mal et ses minutes sont comptées. Elle finit par implorer le pardon de Rodolfo, qui le lui accorde. Et alors que tout le monde s’affaire à lui amener ce qu’elle désire, elle meurt près de Rodolfo.
La Bohème de Puccini
ORCHESTRE ET CHŒUR
DE L’OPÉRA NATIONAL DE PARIS
MAÎTRISE DES HAUTS-DE-SEINE/ CHŒUR
D’ENFANTS DE L’OPÉRA NATIONAL DE PARIS
COPRODUCTION AVEC LE MAGGIO MUSICALE, FLORENCE
OPÉRA BASTILLE
Place de La Bastille
Métro : Bastille
12 représentations du 29 octobre au 29 novembre 2009
Jeudi 29 octobre 2009 19h30 (A)
Samedi 31 octobre 2009 19h30 (B)
Mardi 3 novembre 2009 19h30 (A)
Vendredi 6 novembre 2009 19h30 (B)
Lundi 9 novembre 2009 19h30 (A)
Jeudi 12 novembre 2009 19h30 (B)
Dimanche 15 novembre 2009 14h30 (A)
Mercredi 18 novembre 2009 19h30 (B)
Samedi 21 novembre 2009 19h30 (A)
Mardi 24 novembre 2009 19h30 (B)
Vendredi 27 novembre 2009 19h30 (A)
Dimanche 29 novembre 2009 14h30 (B)
TARIFS
172€, 152€, 130€, 104€, 77€, 40€, 20€, 10€, 5€
INFORMATIONS / RÉSERVATIONS
Par téléphone : 08 92 89 90 90 (0,337€ la minute)
Téléphone depuis l’étranger : +33 1 72 29 35 35
Par Internet : www.operadeparis.fr
Aux guichets : au Palais Garnier et à l’Opéra Bastille
Tous les jours de 10h30 à 18h30 sauf dimanches et jours fériés
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